Visite du Fort de Comboire

En cette journée « chaude et ensoleillée » (je plaisante ; il faisait frais, le temps était bouché et il pleuviotait … ) du mardi 20 octobre 2026, 15 membres de l’ARCEA (dont 2 « princesses » venues accompagner Mamies et Papy) sont venus découvrir cette fortification militaire édifiée, entre mai 1882 et mai 1885, sur le rocher de Comboire au pied du Vercors. Perchée à environ 510 mètres d’altitude, dominant les vallées du Drac et de la Romanche, elle verrouillait l’accès sud de la capitale des Alpes.

Avec les 5 autres forts édifiés à cette époque (Saint-Eynard. Bourcet, Mûrier, Quatre-Seigneurs, Montavie) et celui de la Bastille, ils constituaient une ceinture fortifiée, de type « Séré de Rivières« , permettant de croiser les feux pour plus d’efficacité….

Un grand MERCI à l’organisateur de cette journée : Dominique JOURDE du bureau de l’ARCEA/Grenoble mais également trésorier et membre, depuis plusieurs années, de l’association « Les Amis du fort de Comboire« , créée en janvier 2013, et dont l’objectif est : « Sauvegarder et faire découvrir le potentiel patrimonial et historique que représente ce fort » … Le fort a reçu le label « Patrimoine en Isère » en 2023.

Et MERCI également à Hélène FELDIS qui a pris en charge l’organisation du (très bon et copieux) déjeuner via un traiteur local. Tout le monde a apprécié, en plus de l’apéro, de pouvoir se restaurer sur place, avec un repas chaud, dans une salle … chauffée ! 🙂

La photo de groupe, avant de commencer la visite sous la conduite de Dominique :

Le fort est organisé autour d’un long bâtiment casematé (non visible depuis la vallée…) à deux niveaux (RdC pour les activités techniques ; lieux de vie à l’étage), recouvert d’une couche de bitume et d’une épaisseur d’environ 2 m de terre, avec des locaux destinés à abriter les soldats et à assurer le fonctionnement de l’ouvrage. Autour, les fossés (plus ou moins comblés depuis que l’armée a quitté le fort en 1982 ) étaient défendus par des caponnières, petits ouvrages permettant de battre les fossés depuis l’intérieur. On peut également y repérer des batteries extérieures, des traverses-abris pour les munitions, des galeries de circulation et des plateformes de tir. La pierre calcaire utilisée provenait de carrières locales. Certains éléments, comme les corniches et des embrasures, sont en ciment moulé.

Logement, promiscuité et vie quotidienne : La garnison (300 à 350 hommes) était composée d’une troupe encadrée par des sous-officiers et des officiers. La troupe logeait dans de grandes chambrées collectives (7 chambrées de … 44 hommes en temps de paix). Les chambres étaient chauffées par un système d’air chaud pulsé provenant de poêles situés au rez-de-chaussée ; des conduits parcouraient les murs et évacuaient les fumées par des cheminées extérieures protégées. Néanmoins, le « confort » était rudimentaire vu l’altitude, le manque de lumière et la condensation omniprésente…

Quelques vues d’une chambrée reconstituée …

Le rez-de-chaussée du bâtiment central regroupait les services essentiels à l’autonomie du fort, notamment la cuisine de la troupe (les soldats venaient chercher leur repas avec leur gamelle et retournaient manger dans la chambrée), une boulangerie et un four à pain permettant de cuire quotidiennement les rations nécessaires aux hommes. Le fort disposait de vastes magasins pour stocker les vivres, l’eau, le combustible et des milliers de munitions afin de tenir un siège prolongé. L’approvisionnement en eau sur ce promontoire calcaire nécessitait des citernes de récupération ou des distributions régulières, l’accès à une eau pure et contrôlée étant un défi permanent dans ces forts en altitude.

Autres sujets d’importance : la propreté et les latrines !

  • Mesures d’hygiène « sommaires » : à cette époque, l’hygiène corporelle individuelle reposait sur des moyens rudimentaires : cuvettes, brocs d’eau dans les chambrées, savon militaire en quantité limitée… Il n’existait pas vraiment de véritables salles de douches collectives comme aujourd’hui ….
  • Latrines et gestion des déchets : les latrines étaient distinctes des zones de vie et de cuisine pour limiter les odeurs et les risques épidémiques (fièvres, affections intestinales ou cutanées…)

Armement : à l’origine, l’armement principal du fort était composé de :

  • 4 canons de 155 mm long
  • 6 canons de 120 mm long
  • 4 mortiers
  • 4 canons de 7 et 4 canons de 12 de campagne pour le complément d’artillerie
  • canons-revolvers Hotchkiss dans 4 caponnières (~casemate dans le fossé de la fortification) pour la défense rapprochée des fossés

Quelques autres aperçus du fort ….

Après les pièces sombres et humides, une petite visite au musée aménagé dans une des casemates au Rez-de-Chaussée … Beaucoup d’objets relatifs à la 1ère guerre mondiale.

Après le musée, une dernière visite au local « mémoire », retraçant les travaux réalisés par l’association au cours du temps : un panneau par année, avec texte et photos … Très instructif !

La visite est maintenant terminée … On se retrouve tous dans une salle chauffée pour prendre l’apéro, profiter du bon repas chaud et discuter … de la visite mais aussi … de la vie 🙂

ça y est, c’est la fin 🙁 ….. Sortie vraiment intéressante et que tout le monde a visiblement appréciée. Merci encore à notre guide !!